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Humidité et moisissure dans la maison : trouver la cause et traiter durablement

Une maison trop humide se repère vite : buée sur les vitres le matin, odeur de renfermé, papier peint qui se décolle, taches noires dans les angles. Le problème est courant. D’après l’Anses, 14 à 20 % des logements en France présentent des moisissures visibles. Pour en venir à bout, il faut trouver d’où vient l’eau, puis traiter dans le bon ordre.

Taches noires de moisissure dans l'angle d'un plafond blanc, au-dessus d'un encadrement de porte
Des moisissures dans l'angle d'un plafond : elles apparaissent là où l'air humide rencontre une surface froide. Photo : Mattes, Domaine public, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Mesurer avant d’agir

Un hygromètre indique le taux d’humidité de l’air. Dans une pièce chauffée entre 18 et 22 °C, la plage de référence va de 40 à 60 %, selon Santé.fr. C’est un repère : par temps froid, une vitre ou un mur froid peut se couvrir de buée même dans cette fourchette. Relevez-le plusieurs jours de suite et dans chaque pièce : notre page taux d’humidité idéal dans une maison explique comment lire le résultat.

D’où vient l’humidité ?

Le guide du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), réalisé avec le ministère chargé de la santé, distingue trois origines :

  • l’eau de l’air, produite par les occupants : respiration, cuisine, douches, linge. Pour un foyer de 4 personnes, le guide estime que la lessive, la toilette et la cuisine produisent à elles seules 5 à 20 kg de vapeur d’eau par jour. Elle se condense sur les surfaces froides : vitres, murs extérieurs, angles, ponts thermiques (voir condensation sur les fenêtres) ;
  • l’eau hors sol : une fuite de canalisation, une tuile cassée, une façade fissurée ;
  • l’eau du sol, qui remonte dans les murs poreux par capillarité.

La première se règle surtout par l’aération, la ventilation et le chauffage. Les deux autres demandent une réparation : aucun appareil ni produit ne les fera disparaître.

Moisissures et santé

L’Anses a confirmé en 2016 des effets avérés sur la santé respiratoire : apparition et aggravation de l’asthme, rhinite allergique. Santé.fr cite aussi les irritations des yeux et des muqueuses. Les nourrissons, les personnes asthmatiques ou allergiques et les personnes immunodéprimées sont les plus fragiles, rappelle l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

Si des symptômes respiratoires apparaissent, signalez la présence de moisissures à votre médecin. Sur avis médical, un conseiller médical en environnement intérieur peut venir chercher les sources de pollution dans le logement. D’après l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, une analyse de l’air ou des surfaces n’est généralement pas nécessaire : la priorité est de trouver et de supprimer la source d’humidité.

Nettoyer les moisissures sans danger

Ne grattez pas à sec, ne passez pas l’aspirateur et ne repeignez pas par-dessus : ces gestes dispersent les spores ou cachent le problème. La méthode complète est sur notre page moisissure sur les murs. En résumé, le CSTB conseille de :

  1. porter des gants, des lunettes et un masque FFP2 (un masque chirurgical ne protège pas) ;
  2. éloigner les enfants et les personnes fragiles, ouvrir la fenêtre et fermer la porte ;
  3. passer une éponge imbibée d’eau de Javel prête à l’emploi, la rincer souvent, puis rincer la surface à l’eau claire et sécher ;
  4. jeter éponges et chiffons dans un sac fermé.

Ne mélangez jamais l’eau de Javel avec un détartrant, du vinaigre ou un produit ammoniaqué : le mélange dégage des gaz toxiques. Sur le bois, le CSTB déconseille la Javel et préconise de l’eau savonneuse chaude.

Quelle surface pouvez-vous traiter vous-même ? Santé Canada donne des repères, qui ne remplacent pas l’examen de la situation : nature des matériaux, origine de l’humidité, personnes fragiles dans le logement. Il parle de petite surface jusqu’à 1 m² au total. Entre 1 et 3 m², l’avis d’un professionnel est recommandé. Au-delà de 3 m² d’un seul tenant, l’évaluation et le nettoyage reviennent à un spécialiste. Le CSTB réserve aussi le nettoyage aux personnes sans maladie respiratoire ni déficit immunitaire.

Empêcher le retour de l’humidité

  • Aérez en grand au moins 10 minutes, deux fois par jour.
  • Faites tourner la hotte et l’extracteur de la salle de bain, et ne bouchez jamais les entrées d’air ni les bouches de VMC.
  • Chauffez toutes les pièces pour éviter les zones froides.
  • Laissez environ 3 cm entre les meubles et les murs extérieurs.
  • Réparez vite les fuites et nettoyez tout dégât des eaux dans les 48 heures.

Si le taux reste trop haut malgré tout, vérifiez la ventilation et cherchez une fuite. Un déshumidificateur aide ensuite à assécher en attendant les travaux, sans corriger la cause. Voir la rubrique déshumidificateurs et purificateurs.

Faire appel à un professionnel

Pour une fuite, une infiltration ou des murs humides en bas, il faut un diagnostic. Avant de signer, le CSTB conseille de se renseigner sur l’expérience de l’entreprise et de demander un devis chiffré. Demandez aussi quels produits seront utilisés et comment les déchets seront traités. Prévenez aussi votre assurance habitation des dégâts constatés. Méfiez-vous des démarcheurs qui proposent un traitement coûteux sans avoir cherché la cause.

Comprendre

Mesurer et diagnostiquer

Traiter

Guides

Sources