Taux d'humidité idéal dans une maison : quel pourcentage viser et comment le corriger

Le taux d’humidité d’une maison se mesure en pourcentage d’humidité relative : c’est la part de vapeur d’eau dans l’air par rapport au maximum qu’il peut contenir à cette température. Trop bas, l’air est sec. Trop haut, l’eau se dépose sur les surfaces froides, et les moisissures suivent.
Quel taux d’humidité viser dans une maison ?
Entre 40 et 60 %, dans une pièce chauffée entre 18 et 22 °C. C’est la valeur donnée par Santé.fr, dans une fiche validée par le Haut Conseil de la santé publique et Santé publique France. C’est un repère, pas une garantie : par temps froid, de la buée peut apparaître sur une vitre ou un mur froid même dans cette fourchette.
La même fourchette vaut pour une chambre, souvent la pièce la plus humide au réveil : voir notre page déshumidificateur pour chambre si elle dépasse 60 % malgré l’aération.
Vous trouverez parfois des chiffres plus bas, entre 30 et 50 % : c’est la plage recommandée par Santé Canada. Pour l’hiver dans les climats froids, Ressources naturelles Canada parle d’environ 30 à 40 %, pour éviter la condensation sur les fenêtres. Ces valeurs visent un climat bien plus rigoureux que le nôtre et ne se transposent pas telles quelles. Plus il fait froid dehors, plus les vitres et les murs extérieurs sont froids, et plus l’eau s’y dépose facilement. Dans un logement français, la fourchette de 40 à 60 % reste la référence ; si vos fenêtres ruissellent chaque matin à 55 %, visez plutôt le bas de cette fourchette.
| Taux mesuré pendant plusieurs jours | Ce que cela indique | Que faire |
|---|---|---|
| Moins de 40 % | Air plutôt sec, fréquent dans un logement très chauffé en hiver | Ne pas surchauffer, sans boucher la ventilation |
| 40 à 60 % | Plage de référence | Garder les bonnes habitudes, surveiller la buée sur les vitres |
| 60 à 70 % de façon persistante | Humidité élevée | Aérer davantage, vérifier la ventilation, chercher la source |
| Plus de 70 % de façon persistante | Humidité très élevée, conditions favorables aux moisissures | Chercher rapidement la cause, y compris dans le bâtiment |
Ces valeurs sont des repères, pas un diagnostic. Une mesure isolée ne suffit pas : tenez compte de sa durée, de la température et des signes visibles (buée, taches, odeur). Un pic juste après une douche ou pendant la cuisson n’est pas un problème en soi : ce qui compte, c’est la vitesse à laquelle le taux redescend une fois la vapeur évacuée.
Et à 70 % ?
Un taux de 70 % qui dure plusieurs jours n’est pas normal dans une pièce de vie chauffée. Appliquez les gestes décrits plus bas, puis cherchez une cause dans le bâtiment si le taux ne baisse pas.
Comment mesurer le taux d’humidité chez soi ?
Avec un hygromètre, de préférence numérique, qui affiche aussi la température. Posez-le à hauteur de poitrine, loin d’une fenêtre, d’un radiateur et de la salle de bain. Relevez-le matin et soir pendant une semaine : une seule mesure ne dit pas grand-chose, car le taux varie avec la cuisine, les douches et le temps qu’il fait.
Notre page hygromètre explique comment le choisir et vérifier sa justesse avec du sel de cuisine. Faites ensuite le tour des pièces. Les pièces peu chauffées, les caves et les pièces exposées au nord méritent une attention particulière : leurs surfaces froides favorisent la condensation, et une humidité qui persiste y crée des conditions propices aux moisissures.
D’où vient l’humidité ?
D’abord de vous. Le guide du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) a été réalisé avec le ministère chargé de la santé. D’après ses estimations, une personne au repos rejette 40 à 60 grammes de vapeur d’eau par heure, et 80 à 250 grammes en activité. La lessive, la toilette et la cuisine en produisent 5 à 20 kg par jour pour un foyer de 4 personnes, soit 5 à 20 litres. Ce sont des ordres de grandeur. Dans un logement mal ventilé, une bonne partie de cette eau reste dans l’air ou se dépose sur les surfaces froides.
Le bâtiment peut aussi en apporter : une fuite de canalisation, une infiltration par le toit ou une façade fissurée, ou l’eau du sol qui remonte dans les murs, appelée remontée capillaire. Santé.fr cite aussi les ponts thermiques, ces zones froides où la vapeur se condense. Dans ces cas, aérer ne suffira pas : il faut réparer.
65 %, 70 % : comment faire baisser l’humidité ?
Commencez par les gestes qui ne coûtent rien. Ils suffisent souvent quand l’humidité vient des occupants.
- Aérez en grand au moins 10 minutes, deux fois par jour, même en hiver et même quand il pleut. C’est la consigne de Santé.fr. L’air froid du dehors contient peu d’eau : une fois réchauffé à l’intérieur, il devient plus sec.
- Évacuez la vapeur là où elle se forme : hotte en marche et couvercle sur les casseroles, extracteur ou fenêtre ouverte pendant et après la douche.
- Ne bouchez jamais les entrées d’air ni les bouches de VMC, rappellent le CSTB et l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.
- Chauffez toutes les pièces, même un peu : les pièces froides sont celles où l’eau se condense.
- Éloignez les meubles des murs extérieurs d’environ 3 cm pour que l’air circule derrière.
- Faites sécher le linge dehors ou dans une pièce bien aérée.
Si le taux reste élevé plusieurs jours malgré ces gestes, vérifiez d’abord la ventilation et cherchez une fuite ou une infiltration. Un déshumidificateur peut ensuite aider : Santé Canada en recommande un dans les espaces humides, quand de la condensation se forme sur les surfaces froides ou quand l’humidité dépasse 50 %. Il fait baisser l’humidité, mais ne corrige pas sa cause. Notre guide déshumidificateur : comment choisir explique quel type et quelle capacité prendre. Les absorbeurs d’humidité ne conviennent qu’aux petits espaces fermés : ils captent trop peu d’eau pour une pièce de vie.
Quand l’humidité vient du bâtiment
Trois indices doivent faire penser à une cause plus profonde : une tache qui grandit au bas d’un mur, une auréole au plafond, ou une humidité qui ne baisse pas malgré l’aération et le chauffage. Cherchez d’abord une fuite, puis une infiltration (gouttière, toiture, fissure). Pour un mur humide en bas, pensez aux remontées capillaires.
Avant de signer un devis de traitement, demandez au moins deux avis et un diagnostic écrit qui nomme la cause. Le guide du CSTB conseille aussi de prévenir votre assurance habitation des dégâts constatés.
Humidité et santé : quand consulter ?
L’Anses a confirmé en 2016 que les moisissures du logement ont des effets avérés sur la santé respiratoire : apparition ou aggravation de l’asthme, rhinite allergique. Santé.fr ajoute les irritations des yeux et des muqueuses. Les enfants, les personnes asthmatiques ou allergiques et les personnes immunodéprimées sont les plus exposés.
Si quelqu’un tousse, a le nez qui coule en permanence ou fait plus de crises d’asthme depuis l’apparition de l’humidité, parlez-en à votre médecin. Sur avis médical, un conseiller médical en environnement intérieur peut venir examiner le logement.
Sources
- Santé.fr (RecoSanté, contenu validé par le Haut Conseil de la santé publique et Santé publique France) – Comment limiter l'humidité dans son logement ? (24 juillet 2025)
- CSTB, avec l'appui du ministère chargé de la santé – Moisissures dans votre logement ? Les éliminer en toute sécurité (guide pratique, février 2015, PDF)
- Ressources naturelles Canada – Choisir le bon déshumidificateur (modifié le 10 juin 2025)
- Santé Canada – Document de conseils pour lutter contre l'humidité et les moisissures dans les espaces intérieurs (PDF)
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes – Moisissures dans le logement : comment agir ? (6 août 2026)
- Anses – Renforcer la prévention contre le développement des moisissures dans les bâtiments (1er août 2016)



