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Moisissure dans la maison : d'où elle vient, à quoi elle ressemble, quels risques

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En brefLes moisissures sont des champignons microscopiques. Elles ne poussent que si un matériau reste humide : condensation, fuite, infiltration ou remontée d'eau. Leur couleur ne dit pas leur dangerosité. L'Anses a confirmé qu'elles provoquent ou aggravent l'asthme et la rhinite allergique. Il faut nettoyer, puis supprimer la cause. En location, le logement doit être protégé de l'eau et correctement ventilé.
Moisissure noire sur les joints et le bas d'un mur carrelé, dans l'angle d'une salle d'eau
Photo : Couch-scratching-cats, Domaine public, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Une moisissure est un champignon microscopique. Ses spores flottent en permanence dans l’air, dehors comme dedans, et entrent par les fenêtres, la ventilation, les vêtements ou les animaux, explique le guide du CSTB. Elles ne posent problème que lorsqu’un matériau du logement reste assez humide pour qu’elles y poussent. Cette eau peut venir de la condensation, d’une fuite, d’une infiltration ou d’une remontée d’eau dans les murs. Voir de la moisissure, c’est donc d’abord voir un problème d’eau.

Un problème fréquent

D’après l’Anses, 14 à 20 % des logements en France présentent des moisissures visibles. L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur a mené une campagne nationale de 2003 à 2005 dans près de 600 logements. D’après le CSTB, elle avait trouvé des moisissures dans environ 40 % d’entre eux, visibles ou non.

Pourquoi elle apparaît

Il lui faut de l’eau à la surface d’un matériau, assez longtemps. Une fiche du parc naturel régional du Gâtinais français indique que les moisissures commencent à apparaître au-dessus de 80 % d’humidité relative. C’est un ordre de grandeur, pas un seuil universel : la température, le matériau et la durée comptent aussi, et l’humidité au contact d’une paroi froide dépasse celle mesurée au centre de la pièce. Ce taux est atteint sur les surfaces froides d’une pièce dont l’air est humide : angles de murs extérieurs, arrière des meubles, encadrements de fenêtres, plafond de salle de bain. Il l’est aussi dans un mur mouillé par une fuite, une infiltration ou une remontée d’eau du sol.

D’après l’Anses, la chaleur joue aussi : à quantité d’eau égale dans l’air, une pièce plus chaude a une humidité relative plus basse. Les pièces peu chauffées et mal ventilées sont donc plus vulnérables.

Moisissure noire à la jonction d'un mur blanc et du plafond, plus dense dans l'angle
Moisissure à la jonction du mur et du plafond, plus dense dans l'angle : un endroit froid où l'humidité de l'air se condense. Photo : NordhornerII, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Moisissure noire, blanche, verte : que dit la couleur ?

La couleur d’une moisissure ne permet pas d’évaluer sa dangerosité. Une trentaine de genres de moisissures sont régulièrement rencontrés dans les bâtiments contaminés, selon l’Institut national de santé publique du Québec, et leurs couleurs se recoupent. Santé Canada rattache le niveau de risque à l’étendue de la contamination, quelle que soit l’espèce présente, à la durée de sa présence et à la santé des occupants. Face à des moisissures visibles, une analyse de l’air ou des surfaces n’est généralement pas nécessaire pour décider des premières mesures, d’après l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes : la priorité est de chercher et de corriger la source d’humidité.

Moisissure noire : est-elle dangereuse ?

La « moisissure noire » fait souvent peur, à cause d’une espèce, Stachybotrys chartarum, qui peut produire des toxines. Sa présence ne prouve pas à elle seule une exposition dangereuse. L’Anses distingue les effets respiratoires des moisissures, avérés, et ceux des toxines respirées dans les logements : pour ces derniers, le niveau de preuve est très faible et la toxicité par inhalation reste controversée. Cela ne veut pas dire qu’une moisissure noire est sans risque : toute moisissure se nettoie et sa cause se traite.

Moisissure blanche ou salpêtre ?

Un dépôt blanc et poudreux au bas d’un mur n’est pas toujours une moisissure. Ce peut être du salpêtre, c’est-à-dire des sels laissés par l’eau qui traverse le mur : voir notre page pour reconnaître le salpêtre sur un mur.

Quels risques pour la santé ?

L’expertise de l’Anses publiée en 2016 confirme des effets avérés sur la santé respiratoire :

  • l’apparition et l’aggravation de l’asthme, chez l’enfant comme chez l’adulte ;
  • la rhinite allergique.

Le guide du CSTB estime que plus de 15 % de la population est allergique aux moisissures. Il cite aussi des infections graves, rares, chez les personnes dont les défenses immunitaires sont très affaiblies. Les nourrissons, les personnes asthmatiques ou allergiques, les personnes immunodéprimées ou atteintes d’une maladie respiratoire chronique sont les plus exposés, selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

Toux, sifflements, nez bouché en permanence, crises d’asthme plus fréquentes depuis l’apparition des moisissures : parlez-en à votre médecin. Sur avis médical, un conseiller médical en environnement intérieur peut venir examiner le logement.

Que faire ?

  1. Nettoyer les zones touchées, avec des protections et sans gratter à sec. Pour une grande surface, un matériau abîmé ou une personne fragile dans le logement, demandez un professionnel. La méthode est détaillée dans notre page comment enlever la moisissure des murs.
  2. Trouver la cause : air trop humide (vérifiez le taux d’humidité avec un hygromètre), fuite, infiltration, remontée capillaire.
  3. Supprimer la cause : aérer, ventiler, chauffer, ou faire réparer le bâtiment.

Locataire : qui doit agir ?

Le propriétaire doit louer un logement décent (loi du 6 juillet 1989, article 6). Le décret du 30 janvier 2002 impose qu’il protège les locaux contre les infiltrations et les remontées d’eau. Il doit aussi permettre « un renouvellement de l’air et une évacuation de l’humidité » adaptés à une occupation normale. Le propriétaire doit en outre faire les réparations autres que locatives. Selon l’origine de l’humidité et les travaux nécessaires, la répartition des responsabilités peut toutefois se discuter.

Le locataire, lui, doit assurer l’entretien courant du logement (article 7 de la même loi) : aérer, chauffer, utiliser normalement la ventilation et ne pas boucher les entrées d’air ni les bouches d’extraction. Quand la cause est discutée, signalez le problème par écrit au propriétaire, avec des photos. Le service d’information de votre ADIL renseigne gratuitement sur les démarches.

Sources

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